Pour clore le paragraphe relatif à la compagnie aérienne citée dans l’article précédent (Heureux qui, comme les Tunisiens, font de beaux voyages), elle a assuré 50 départs durant la semaine allant du lundi 3 au dimanche 9 août à partir du seul aéroport de Tunis Carthage.
Comme elle affrète des avions dont la capacité varie entre 180 et 220 places et que le taux de remplissage varie entre 80 et 100%, l’on peut s’amuser à compter les voyageurs au total et spéculer sur la part des Tunisiens. A seulement 50/50, les Tunisiens seraient quelque 4.500 par semaine, 19.000 par mois, 234.000 par an.
Il faut savoir que trois autres compagnies, dont deux tunisiennes, se «disputent» les départs vers la France. On compte au total 28 à 36 vols directs quotidiens vers les différentes villes françaises, soit 210 à 220 départs par semaine.
Les départs vers l’Algérie et le Maroc sont à égalité puisqu’il s’agit de 4 à 6 vols quotidiens et en moyenne annuelle de 20 à 23 par semaine. Vers la Libye, on fait 8 à 9 départs par jour et une moyenne de 57 départs par semaine, presqu’autant vers l’Arabie saoudite puisqu’on est entre 6 et 7 départs par semaine à partir de Tunis. L’Égypte fait beaucoup moins avec 2 à 3 départs par jour seulement.
Les Tunisiens vont aussi en Italie toute proche à raison de 30 à 40 départs par semaine et 25 à 35 départs par semaine pour la Turquie. Ils vont aussi en Afrique subsaharienne à raison de 15 à 20 départs par semaine.
Quand même !
Ne parvenant pas à avoir de chiffres exacts, on peut avancer celui de 3 millions de Tunisiens qui voyagent chaque année, soit à peu près 1/3 ou 1/4 de l’ensemble des personnes qui voyagent à travers les aéroports tunisiens et dont le nombre varie entre 9.6 M en 2024 et 12.8 M en 2025.
C’est peut-être beaucoup. Oui, quand on regarde du côté de l’allocation touristique de 6.000 TND dont chacun des 3 M de voyageurs s’approvisionne en quittant le territoire, soit 18.000 millions de dinars. Convertis à l’euro, ils feraient à peu près 5.4 milliards et, au dollar, quelque 6.1 milliards (Cours du 9/8/2026).
C’est peut-être beaucoup pour un pays qui a besoin du moindre euro ou dollar pour financer ses achats en produits de première nécessité, pour importer des médicaments et autres appareils, outils et pièces pour que les malades se soignent, que les usines tournent et que les machines ne calent pas. Le moindre euro et/ou dollar est indispensable à garder pour pouvoir payer, à temps, les dettes qui ne cessent de s’accumuler.
Mais c’est sûrement peu, car si vous vous attendez à ce que des gens viennent, il faut aller chez eux, voyager partout pour que l’on vous voie. En partant vers un pays quelconque, chacun de nous amène avec lui une certaine image du pays, à travers son comportement, sa culture, son savoir-vivre, etc.
La France que nous prenons en exemple, a accueilli 102 M de touristes internationaux en 2025. En contrepartie, 88 M de Français (beaucoup font plus d’un voyage) sont partis, en 2025 vers l’Espagne (17,1 millions), l’Italie (14,4 millions), le Royaume-Uni (12,9 millions), les États-Unis (9,7 millions), le Maroc (9,3 millions), l’Allemagne (7,2 millions), l’Algérie (5,5 millions), la Tunisie (4,2 millions), la Turquie (4,2 millions), le Canada (3,5 millions).
Pour sa part, l’Espagne a accueilli 96,8 millions de touristes internationaux en 2025, venant principalement du Royaume-Uni (19 millions), de France (12,7 millions) et d’Allemagne (12 millions). Ils y ont dépensé 134.7 milliards d’euros.
Les Espagnols voyagent aussi, 22,8 millions d’entre eux se sont déplacés à l’étranger en 2025 et y ont dépensé 34,8 milliards d’euros.
En 2025, l’Italie a atteint 88 millions de touristes étrangers. L’essentiel y vient du Royaume-Uni 15%, des États-Unis 11%, d’Allemagne 10%.
Au retour, 30 millions de voyages touristiques hors d’Italie sont enregistrés chaque année.
Le constat est là
D’un, la proximité joue un rôle déterminant dans les transferts bilatéraux. Les Français, les Britanniques, les Espagnols, les Italiens et autres Belges et Allemands s’échangent les accueils.
De deux, plus vous allez à la rencontre des étrangers, plus ceux-ci viennent chez vous. En France, le rapport est de 86,2%, en Espagne, de 24%, en Italie, de 34%.
En Tunisie, on n’est pas loin. En 2025, on a accueilli 4M d’Algériens, 1M de Libyens, mais seulement 160.000 Italiens au lieu des 350.000 en 2010 et 52.000 Marocains.
Une tâche très ardue à entreprendre et certainement, il faut rectifier le tir en évitant les recettes prêtes, éculées…