La Tunisie a obtenu une reconnaissance internationale majeure avec l’inscription officielle du village de Sidi Bou Saïd sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La décision a été adoptée lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial, réunie à Busan, en Corée du Sud coincidant ainsi avec la célébration du 69e anniversaire de la fête de la République.
Cette inscription couronne le dossier de candidature présenté par la Tunisie sous le titre « Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée ».
Le processus de candidature avait été lancé en février 2024, sur instruction du président de la République Kaïs Saïed, avant le dépôt officiel du dossier, en février 2025, par la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO auprès du Centre du patrimoine mondial.
Le dossier a été élaboré et coordonné par le ministère des Affaires culturelles, en collaboration avec l’Institut national du patrimoine (INP), avec la participation du ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, ainsi que de plusieurs départements et institutions nationales. Il a également bénéficié du soutien du Fonds du patrimoine mondial africain et d’un important travail diplomatique mené par la Mission permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO auprès des États membres du Comité du patrimoine mondial.
Le Comité a approuvé l’inscription à l’unanimité, saluant la valeur universelle exceptionnelle de Sidi Bou Saïd. Le village est reconnu comme un haut lieu d’inspiration culturelle, spirituelle et artistique, ainsi qu’un modèle architectural unique, emblématique de l’histoire et de l’identité civilisationnelle de la Tunisie.
Avec cette nouvelle inscription, la Tunisie porte à dix le nombre de ses sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, consolidant ainsi sa position parmi les pays arabes et africains les mieux représentés sur les listes de l’organisation.
Il s’agit par ailleurs du deuxième succès international obtenu par la Tunisie en 2026, après l’inscription du Géoparc mondial du Dhahar au Réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO en avril dernier.
Selon les autorités, cette distinction internationale témoigne de la richesse du patrimoine tunisien et des efforts déployés pour sa préservation, sa sauvegarde et sa valorisation, tout en renforçant le rayonnement culturel et patrimonial de la Tunisie à l’échelle mondiale.
Sidi Bou Saïd, un joyau architectural et spirituel de la Méditerranée
Situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis, sur une colline dominant le golfe de Tunis et les vestiges de l’antique Carthage, Sidi Bou Saïd est l’un des villages les plus emblématiques de Tunisie. Perché sur le promontoire du Djebel El Manar, il doit son nom au savant et mystique soufi Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamimi el-Béji (1156-1231), qui s’y retira à la fin de sa vie pour enseigner le soufisme et qui demeure une figure spirituelle majeure du lieu.
Reconnu pour son harmonie architecturale unique, le village se distingue par ses maisons blanches aux portes et fenêtres bleues, ses ruelles sinueuses, ses patios traditionnels, ses demeures historiques et ses palais de style arabo-musulman. Dès le XVIIe siècle, il devient un lieu de villégiature privilégié de la bourgeoisie tunisoise et de la famille beylicale, qui y édifient plusieurs résidences remarquables.
Au fil du temps, Sidi Bou Saïd s’est également imposé comme un foyer d’inspiration artistique et culturelle. Son charme a attiré de nombreux écrivains, peintres et intellectuels, parmi lesquels Paul Klee, August Macke, Gustave Flaubert, André Gide ou encore Simone de Beauvoir. Le village abrite notamment Ennejma Ezzahra, ancien palais du baron Rodolphe d’Erlanger, aujourd’hui Centre des musiques arabes et méditerranéennes, qui témoigne du rôle du site dans la préservation et la diffusion du patrimoine musical.
Classé site protégé depuis 1915, Sidi Bou Saïd est devenu au fil des décennies un symbole de l’identité tunisienne et une destination culturelle majeure en Méditerranée, connue mondialement pour son paysage, son architecture et son atmosphère singulière.
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