Délestage, dites-vous ?

En lieu et place de « intermittence » qu’elle avait l’habitude de pratiquer et d’annoncer lors des coupures de courant dans de pareils cas de canicule, la Steg nous a surpris, cette année, en choisissant  «délestage».
Les deux mots semblent dire la même chose et produire le même effet, puisque «intermittence» veut dire coupure, discontinuité, irrégularité, pause, et que «délestage» est défini comme une suppression momentanée du courant électrique, décharge, etc.
En tant que consommateurs, nous avons toujours entendu par «intermittence» coupure et rétablissement, alors que «délestage» est une suppression du courant, certes momentanée, mais dont on ne sait pas l’heure de rétablissement, comme le dit si bien la Steg dans ses communiqués.
C’est bien là qu’il y a problème.
«Délestage» vient de «délester» qui veut, entre autres, dire priver de quelque chose. J’ai particulièrement lu dans des plaidoiries d’avocats que la victime a été « délestée» de ses biens et que l’accusé a été «délesté» de son droit à un procès juste.
J’ai aussi lu dans des motions politiques que le peuple palestinien est «délesté» de ses droits, dépossédé de ses terres, etc.
En pratiquant le délestage, la Steg nous prive justement, nous autres consommateurs, de plusieurs droits.
Loin de moi l’idée de les énumérer tellement ils sont nombreux. Encore moins de demander la réparation de ceux usurpés et bafoués.
Que faire ? C’est la question qui doit nous tarauder tous, nous interpeller, car d’après ce que je vois, il n’est point exclu que l’on retombe dans des solutions improvisées, dont la plus plausible est que chacun, comme dans plusieurs pays arabes, même ceux producteurs de pétrole, se procure son propre générateur et produise sa propre électricité.
Effet immédiat : la demande s’accroît sur le gazole et l’essence, produits nécessaires pour faire tourner les générateurs mais aussi et surtout, le vacarme s’amplifie en s’installant dans chaque foyer et se manifestant, selon les cas, en grondement, ronflement, vrombissement ou même claquement.
Dans certaines villes du pays, on propose déjà le service — payant bien sûr mais bon marché — des générateurs mobiles pour ceux qui sont dans le besoin.

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