La signature, ce mardi 30 juin, d’un contrat de 38,2 millions d’euros pour l’acquisition de cinq trains électriques destinés à la ligne Moknine–Mahdia a de quoi faire sourire — jaune — les usagers des grandes lignes. Car pendant que la SNCFT soigne sa vitrine et affiche ses ambitions de modernité, l’essentiel du réseau ferroviaire tunisien continue de se délabrer dans une indifférence déconcertante.
Les voyageurs des lignes Tunis–Tozeur, Tunis–Gabès ou Tunis–Sfax et Tunis-Sfax le savent mieux que quiconque. Retards chroniques, annulations brutales, wagons vétustes et climatisation en panne sont devenus le quotidien ordinaire d’un parc roulant à bout de souffle, dont une part croissante est tout simplement mise hors service, faute d’entretien ou de pièces de rechange. Les réseaux sociaux débordent de témoignages indignés ; les réclamations s’accumulent sans réponse satisfaisante.
Dans ce contexte, l’annonce d’un investissement sur une ligne, certes utile, résonne comme une priorité mal calibrée. Moderniser Moknine–Mahdia est une chose. Mais laisser les artères vitales du pays fonctionner au ralenti — quand elles fonctionnent — en est une autre.
La SNCFT a besoin d’une réforme globale et courageuse, pas d’opérations de communication ponctuelles. Tant que le parc des grandes lignes ne sera pas sérieusement remis à niveau, les annonces de nouveaux trains ne feront qu’accentuer le sentiment d’une compagnie qui a perdu le sens de ses priorités.