Sommes-nous en sécurité ?

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Alors que la guerre voulue par Trump et Netanyahu s’est accentuée au Moyen-Orient, attisant les feux d’une nouvelle étape de débordements, de dérapages dangereux et de crises économiques mondiales, que sommes-nous en train de faire pour protéger notre pays ? N’est-il pas temps, à ce stade d’affolement, de chercher les moyens de nous ressaisir enfin ? Même si des milliers de kilomètres séparent notre pays de la région enflammée, cette guerre a bien des répercussions sur notre société, sur notre économie et sur notre sécurité. Combien va nous coûter cette guerre et combien nous coûte-t-elle déjà ?Ces questions sont
inquiétantes, elles deviennent, avec l’extension du conflit, brûlantes. Éminemment dangereuses, elles ne doivent laisser personne indifférent.
Il faut avoir une imagination maladive débordante ou faire preuve d’une dose élevée de mauvaise foi et d’analphabétisme politique et économique, ou les deux en même temps, pour continuer à affirmer que nous sommes à l’abri de toutes les répercussions de cette guerre. Il serait aussi illusoire de croire qu’on pourrait s’en protéger en ne comptant que sur soi-même.
Les connaisseurs dans le monde entier agitent le spectre d’un engloutissement imminent de toute la région. Même si on ne peut être complètement d’accord avec eux, on ne peut que s’incliner devant leurs analyses éblouissantes sur ce qui est en train d’arriver au Moyen-Orient. Loin du petit jeu d’analyse sémantique auquel se prêtent les braillards qui aimeraient ne nous donner à écouter que des discours déroulés avec la complicité moutonnière de quelques médias et qui apparaît bien dérisoire au regard de l’ampleur de cette guerre, un tel constat n’a pu être compris de ces «élites», prisonnières d’un angélisme qui confine à l’aveuglement, alors que les intellectuels aux pays de l’Occident s’interrogent sur l’avenir de l’humanité au moment où elle ne sait plus où elle va.
Nous ne sommes pas en train de mêler nos voix au chœur pleurnicheur de « l’Apocalypse est imminente» ou d’appeler les gens à tomber dans une pathologie obsidionale voyant dangers partout, c’est au contraire un avertissement pour avoir quelque espoir de prévenir et traiter ce nouveau degré de chaos qu’a atteint cette guerre. Des instants pour alimenter une réflexion autour d’un conflit qui n’est pas aussi court et limité qu’il en a l’air. Que l’on sache, en effet, et quels que soient les arguments qui voudraient justifier le contraire, que l’imprévisible est inévitable et que le plus grand des risques est de bouger tardivement.
Il convient de rappeler que, contrairement à ce que l’on entend à longueur de journée, non seulement la Tunisie est exposée aux dangers économiques de cette guerre, il est aussi factuellement faux de dire que la sécurité de notre région est complètement protégée. Il ne faut pas oublier que pendant la Seconde Guerre mondiale, le Maghreb était envahi et transformé en champ de bataille par les troupes de l’Axe et les forces alliées. Bien sûr, cette analyse peut paraître un peu exagérée, mais elle traduit l’influence profonde que les visions impulsées par les évènements dans le monde ont sur nous.
On vit depuis quelques années dans un environnement international où il y a des «règles» imposées par les nouveaux «fous romains» qu’il faut suivre ou bien crever. Et la première de ces «règles», c’est qu’il faut se montrer vigilants face aux dangers, même les plus éloignés géographiquement. Après quoi, la mondialisation s’est accélérée et, avec elle, les conflits, la destruction, la haine, les atteintes au droit international et toutes ces misères que l’humanité porte, aujourd’hui, à leur comble.

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