Attribution d’une aide directe de deux millions de dollars à la Tunisie pour la réhabilitation du lac Ichkeul

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L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a annoncé l’octroi d’un financement direct de 2 millions de dollars américains (environ 5,8 millions de dinars tunisiens) à la Tunisie pour la mise en œuvre du projet « Restauration des écosystèmes du lac Ichkeul et des zones humides environnantes », financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’un ensemble de projets internationaux approuvés par le FEM lors des réunions de son 71e Conseil et de sa 8e Assemblée générale, dont les travaux ont débuté le 30 mai et se poursuivent jusqu’au 6 juin 2026 à Samarcande, en Ouzbékistan.

Ce projet a été inscrit dans la catégorie des « projets de taille moyenne » dont l’exécution s’étendra de 2026 à 2028. Selon les données publiées par l’UICN et les informations techniques accompagnant le paquet de financements du FEM, publiées le 2 juin 2026, le projet cible la réserve nationale d’Ichkeul, les zones humides et le bassin versant associé dans le gouvernorat de Bizerte. Il est à noter que le budget total du projet est estimé à environ 8,8 millions de dollars américains (environ 25,7 millions de dinars tunisiens), selon la même source.

Le projet vise à préserver les écosystèmes du bassin versant de la réserve d’Ichkeul et à améliorer les mécanismes de gestion face aux défis environnementaux auxquels la réserve est confrontée, notamment la diminution des apports en eau douce, la hausse de la salinité et la dégradation de certaines parties des zones humides périphériques du lac durant les récentes années de sécheresse qu’a connues la Tunisie.

Les données techniques du projet indiquent que ces défis sont principalement dus au déséquilibre hydrologique causé par la réduction des apports des oueds alimentant le lac, ainsi qu’aux répercussions du changement climatique et aux pressions humaines sur les ressources naturelles de la région.

Le projet comprend quatre axes principaux, à savoir la réhabilitation des systèmes hydriques et écologiques des marais et du lac, l’amélioration de la gestion des ressources en eau afin de garantir un équilibre entre eaux douces et eaux salées, le soutien aux structures de gestion et au suivi environnemental via l’adoption de techniques modernes d’observation et de contrôle de la qualité de l’eau ainsi que le renforcement de la gouvernance participative des ressources naturelles.

Le projet prévoit également de soutenir le « comité de gestion commun » de la réserve, de développer ses capacités techniques, d’organiser l’exploitation des ressources naturelles du bassin versant (incluant les activités de pâturage et de chasse), ainsi que de réduire les pressions environnementales dues à certaines pratiques agricoles.

Une partie des interventions du projet sera consacrée au soutien des communautés locales vivant autour de la réserve, en développant des moyens de subsistance adaptés au changement climatique et à la rareté de l’eau, comme les activités liées à l’écotourisme et à la valorisation des produits locaux, afin de réduire les pressions exercées sur les écosystèmes naturels de la région.

L’UICN assurera la mise en œuvre du projet en coordination et en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime, par l’intermédiaire de la Direction générale des forêts et de la Délégation régionale au développement agricole de Bizerte.

Selon les documents techniques du projet, le programme est actuellement en phase de finalisation de sa rédaction et de préparation opérationnelle, en vue du lancement de ses activités durant la période 2026-2028.

Il convient de rappeler que la réserve nationale d’Ichkeul est classée au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Elle constitue l’une des zones humides les plus importantes d’Afrique du Nord et l’une des principales escales pour les oiseaux migrateurs entre les continents européen et africain.

MBY

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