A l’ère médiévale, des blocus affamaient l’adversité. Arquebuses et bombardes frappaient. Depuis les XIVe et XVe siècles, il s’avère bien malaisé d’innover. A l’Ouest, rien de nouveau.
De nos jours, au blocus américain d’Ormuz, l’Iran menace de répliquer par le blocus de Bab El Mandeb. En outre, le bluff en temps de guerre ajoute son grain de sel aux diatribes entourées de mystère et attire l’attention vers l’éventuelle apocalypse nucléaire. Ainsi, Trump menaça l’Iran d’une totale destruction au cas où il refuserait d’obtempérer par l’acceptation de ses conditions : « Toute une civilisation mourra ce soir ». D’après lui, ne seront à l’abri ni les ponts, ni les centrales électriques, ni les usines sidérurgiques, ni les complexes pétrochimiques.
Renseignés par la Russie dont les satellites indiquent 55 cibles stratégiques, les Gardiens de la révolution affirment réagir de la même façon et appliquer la loi du talion. Cependant, la focalisation de l’investigation sur les enjeux économiques, énergétiques ou hydrauliques occulte le procès anthropologique.
Celui-ci met en scène la réalité sociale globale et non pas l’un ou l’autre de ses paliers particuliers.
Pour l’essentiel, de là provient le narratif relatif à l’argument existentiel. En effet, pour le porte-parole de l’entité globale israélienne, la destruction de l’Iran réagit à l’inscription de la destruction d’Israël dans la constitution iranienne.
Dès lors, le discours afférent aux droits de l’homme ou à l’ONU galope aux trousses du nul et non avenu. Voilà pourquoi le bluff allusif au nucléaire projette un éclairage sur le danger inhérent aux potentialités.
Parmi elles figure l’ordre donné par Trump aux bombardiers pour aller infliger l’enfer à « ce qui reste de l’Iran », l’ennemi récalcitrant.
Au milieu du trajet il adresse un contre-ordre aux aviateurs et, obéissants, ils reviennent à la maison. Que s’est-il donc passé entre-temps ? Les vétos russe et chinois opposés à l’ouverture par la force du détroit d’Ormuz, alors encore bloqué par les Gardiens de la révolution, neutralisent l’ardeur américaine et valorisent la vigueur iranienne. Ce coup dur pour Trump aboutit, le 8 avril, à l’accord de cessez-le-feu conclu pour deux semaines. Il congédie l’enfer promis. La bifurcation soudaine est prise par les Pasdarans pour une aubaine. Elle signalise le poids du Sud global parvenu à contre-balancer le Nord impérial. L’effet contraire aurait conforté le fil d’Israël. Cet échec et mat obtenu par l’Iran aux dépens de Trump renoue avec le prestige d’une civilisation millénaire édifiée par Cyrus II, dit Cyrus le Grand et prise à partie, aujourd’hui, par Trump le petit. Voilà pourquoi la capitulation de l’Iran, exigée par satan, le prétentieux, n’a pas eu lieu. La mosaïque d’autorités iraniennes a su parer aux coups portés par la perfidie et la puissance israélo-américaine. Quand Israël se dit non concerné, au Liban, par le cessez-le-feu, nul n’est dupe car, génocidaire, l’entité usurpatrice ne peut se concevoir sans guerre. Elle assène ses frappes les plus meurtrières au pays du Cèdre où elle massacre 300 Libanais avec la ferme décision de bien torpiller l’accord de cessez-le-feu.
Le prétexte, invariant, demeure l’éradication de Hezbollah mais l’extension du Grand Israël reste l’objectif définitif. Dans un premier temps, la roublardise incite l’Iran à menacer de ne pas se rendre à la rencontre de vendredi pour mieux spécifier les conditions du cessez-le-feu. Le porte-parole d’Israël s’en réjouit mais Trump tient au cessez-le-feu et pourrait accentuer la pression sur son allié sans cesser de lui fournir les armes nécessaires à l’entreprise génocidaire.
Cependant, J.D. Vance réaffirme la non-intégration du Liban dans l’accord de cessez-le-feu avant de modifier sa prise de position. Entre-temps et après l’Iran, l’Amérique bloque le détroit d’Ormuz.
Pour les Pasdarans, il s’agit de piraterie et la Chine rechigne. Le blocage sur fond de marchandage illustre la prégnance du renseignement russe et chinois lors de la confrontation. Dans ses “Méditations sacrae”, Francis Bacon souligne l’apport décisif de l’information et de la communication car l’action s’avère tributaire de sa connaissance avec précision. L’awacs détruit grâce au satellite chinois vendu à l’Iran le dit. Immémoriale arme de guerre, le blocus aménage une prison à ciel ouvert. Mais aux coups portés par l’Amérique satanique, les Gardiens de la révolution répliquent.