À l’invitation du roi Gustaf VI Adolphe, Habib Bourguiba franchissait le 7 juin 1963 les portes du palais royal de Stockholm, signant ainsi la toute première visite d’État d’un président tunisien en Scandinavie. Accueilli avec les plus grands honneurs de la Couronne, entre faste militaire et dîners d’apparat, le leader tunisien scellait une proximité inédite entre deux nations que la géographie éloignait, mais qu’une vision partagée du progrès allait rapprocher.
Ce voyage venait donner une impulsion décisive à des relations bilatérales nouées dès l’aube de l’indépendance, en 1956. Au-delà des symboles, cette alliance s’était déjà concrétisée, quelques mois auparavant, par la signature d’accords stratégiques d’envergure. C’est grâce à cette impulsion suédoise que la Tunisie verra naître des projets pilotes hautement symboliques de l’ère bourguibienne : le développement du port de pêche moderne de Kélibia et l’implantation des premiers jalons du programme national de planification familiale.