En permettant au criminel de guerre, Netanyahou, de profiter de sa tribune pour s’en prendre vivement à tous ceux qui ont dénoncé le génocide à Gaza, l’organisation des Nations unies a confirmé, encore une fois, qu’elle est retombée aux bas-fonds de la régression morale, au point qu’on peut se demander si nous ne sommes pas revenus, aujourd’hui, aux années trente, quand la plus avilissante entreprise de haine conçue par l’humanité était présentée comme le paradis et que le nazisme et le fascisme passaient pour des solutions révélées.
Assiste-t-on à un retour aux sauvages obscurités de l’Histoire ? Certains signaux semblent l’indiquer.
Le système des Nations unies, établi en 1945 à la suite de la défaite des nazis, est fondé sur les valeurs universelles et, au fondement de ces valeurs, impérieusement, ne pas permettre les crimes de guerre. Or, c’est bien l’inverse qui s’est produit. Ce constat tient de l’évidence, mais il est nécessaire de le rappeler, alors même que les fléaux, qui ont détruit le nazisme et le fascisme, influencent profondément leurs nouveaux héritiers. L’Histoire retiendra de ces héritiers qu’ils ont torpillé l’ordre international établi par le «nouveau monde libre» au lendemain de la défaite d’Adolf Hitler, puni par là où il a péché. Ils entendent gouverner le monde «en nazis» sans oublier d’incarner les sales petits secrets des grandes figures tyranniques du nazisme et du fascisme. Pour imposer leur «ordre», il fallait, d’abord, démolir l’actuel. L’Histoire ne se répète pas, mais elle se pense, et entre autres, par analogie. Ainsi, les contradictions disparaissent, les dates se concilient, les évènements se développent sans confusion et se succèdent sans embarras, et l’on n’est plus condamné à éviter la vue aux fantômes de l’Histoire quand ils s’invitent au balcon de l’horreur. Ce qu’il y a de terrible, aujourd’hui, c’est que les nouveaux tyrans prennent la parole à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU. Un génocidaire arrogant et raciste, visé par un mandat d’arrêt requis par la Cour pénale internationale et affublé de ce titre horrible de «criminel de guerre», peut profiter, avec la complicité éhontée de l’Occident, d’un confortable bunker onusien à l’abri de la vindicte judiciaire internationale. Un coup fatal porté au crédit de l’Organisation des Nations unies, à sa charte et à la notion même de droit international. Bref, un désastre majeur. En ce sens, nous pouvons concevoir que l’ONU a perdu sa guerre des slogans, avec des prises de position éhontées, quand il s’agit de droit international, de justice et de droits de l’homme. En recevant les génocidaires sur sa tribune, elle a confirmé sa défaite morale, pour perdre, du même coup, sa crédibilité et par ricochet, sa légitimité. Cette dérive peut encore évoluer dangereusement au regard de la montée en Europe des formations d’extrême droite, qui pourraient s’aligner sur la politique de l’entité sioniste et surgir comme un symptôme supplémentaire d’un monde totalement déboussolé. Les leviers de l’ordre mondial seraient-ils, à tous les niveaux, entre les mains de génocidaires qui n’ont aucun sens de l’intérêt humain et celui de leurs peuples en premier lieu ? Il faut se demander ce que les criminels de guerre et tous ceux qui les soutiennent aveuglément avaient en tête. Est-ce qu’ils ont consenti à ce qu’ils ont ensuite découvert sur les champs de leurs crimes ? Bien sûr que oui. Les tyrans, les meurtriers, les génocidaires et les criminels de guerre consentent à tuer, à dominer, à subjuguer, à détruire, pas pour convaincre mais pour tuer en l’être humain ce qu’il possède de plus précieux : le goût du rêve et celui de la dignité.