En politique comme en football, il convient de ne jamais négliger le facteur chance. Celle qui avait grandement contribué à la construction de ce monde. On a coutume de dire de la chance qu’elle se provoque, mais il en va de même de la malchance, comme le démontre cette guerre américano-israélienne contre l’Iran, mais le pouvoir politique doit avoir cette capacité de transformer la malchance en une chance concrète, car il est impossible de s’incliner devant un fléau dévastateur, comme la guerre, et continuer sur la même trajectoire sans qu’on discerne les voies d’une nouvelle politique de sauvetage acceptable. Malheureusement, il n’y a plus de vision, au sens plein du terme, capable d’exploiter notre chance d’appartenir au continent africain et de tracer, par conséquent, une perspective d’avenir claire, bien que les accélérations de l’Histoire et les impulsions du présent semblent nous ramener sans cesse autour de cette relation commerciale et culturelle entre notre pays, autrefois appelé «Africa» par les Romains, puis «Ifriqiya» par les Arabes, et le continent noir, embaumé de l’odeur terreuse et résineuse du grand désert, que l’amiral carthaginois Hannon avait franchi à trois reprises.
Voilà, enfin, que nous devons saisir cette chance d’être Africains, pour agir positivement et à tous les niveaux afin de restaurer les fabuleuses expéditions africaines du célèbre Magon, grand agronome carthaginois reconverti en chef d’armée (amiral), annoncer les signes avant-coureurs d’une «prise de conscience» et confirmer, ainsi, l’inexorabilité de substituer aux politiques stéréotypées d’autres politiques plus souples et plus efficientes, des politiques qui s’inscrivent dans la marche de l’Histoire. L’Afrique demeure «une machine» à fabriquer des fortunes. Cette machine a besoin, aujourd’hui, d’être remise à sa juste valeur si on ne veut pas tomber dans le piège d’une Afrique virtuelle et d’un discours essentialiste qui risque d’obscurcir la lecture des enjeux mondiaux actuels.
La grave crise des équilibres régionaux et internationaux que traverse le monde, et en particulier le continent africain, constitue un nouvel appel à la conscience de nos gouvernants et de nos peuples pour donner vie et efficacité aux structures de la coopération entre les pays africains, une coopération capable d’intégrer les composantes de cette réalité régionale telles que le développement, la sécurité, la santé, l’émigration, l’environnement, la gestion de la démocratie naissante et le dialogue des
cultures.Nous sommes tous concernés en raison des vagues terroristes qui frappent partout et des flux migratoires qui découlent de toutes ces déflagrations. Les études approfondies menées par les spécialistes nous enseignent que les guerres civiles et le terrorisme dans les pays de l’Afrique subsaharienne ont été souvent, non pas tant de la diversité ethnique et le fondamentalisme religieux que d’une multiplicité de facteurs, au centre desquels, il faut le reconnaître, figurent la pauvreté, les maladies,
et la marginalisation.Dans cette optique, il faut proposer une nouvelle politique commune visant le lancement de grands projets pour faciliter la coopération dans les domaines de la migration de la sécurité, du terrorisme, de l’extrémisme, l’environnement, la santé, l’énergie, des technologies, de la recherche scientifique, l’éducation et la culture, et aller de l’avant dans l’édification d’un avenir commun pour les pays de l’espace africain sur la base du respect mutuel, du dialogue constructif, des intérêts réciproques et du partenariat solidaire.
L’Afrique est notre chance et notre destin. Nos ancêtres, Hannon, Magon, Léon l’Africain l’ont bien compris très tôt.
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