La vague de chaleur exceptionnelle qui touche la Tunisie impose une vigilance accrue en matière de protection de la peau. Mais au-delà des risques liés au soleil, les médecins esthétiques tirent également la sonnette d’alarme face à la prolifération de produits cosmétiques, de compléments alimentaires et d’actes esthétiques proposés sur les réseaux sociaux, souvent en dehors de tout cadre réglementaire.
Intervenue sur les ondes d’Express Fm ce vendredi 24 juillet 2026, la présidente du Syndicat des médecins esthétiques, la Dr Imen Ben Fraj Ben Amara, a mis en garde contre l’utilisation de produits d’origine inconnue, qui ne sont pas soumis au contrôle du ministère de la Santé et ne disposent pas des autorisations requises.
Selon elle, les conditions climatiques actuelles exposent la peau à de multiples agressions : rayonnement solaire intense, températures élevées, eau de mer salée et chlore des piscines, autant de facteurs susceptibles de provoquer déshydratation, irritations et brûlures cutanées.
La spécialiste recommande l’application régulière d’un écran solaire sur les zones exposées, notamment le visage, le cou, les mains et les jambes, en renouvelant son application au cours de la journée. Elle préconise également d’éviter l’exposition directe au soleil entre 11 heures et 16 heures, de boire suffisamment d’eau, en particulier pour les enfants et les personnes âgées, même en l’absence de sensation de soif, d’hydrater la peau plusieurs fois par jour à l’aide de crèmes adaptées et de privilégier des vêtements légers en coton, ainsi que le port d’un chapeau et de lunettes de soleil.
Au-delà de ces recommandations, Dr Imen Ben Fraj Ben Amara s’inquiète de l’essor des ventes de cosmétiques et de compléments alimentaires sur les plateformes numériques. Attirés par des prix particulièrement bas et des campagnes promotionnelles agressives, de nombreux consommateurs achètent des produits dont la provenance et la composition ne sont pas garanties.
Elle appelle ainsi les citoyens à s’approvisionner exclusivement auprès de points de vente autorisés et à vérifier l’origine des produits avant toute utilisation, afin d’éviter les risques sanitaires.
La présidente du syndicat évoque également une autre dérive : la multiplication de centres esthétiques non autorisés qui proposent des actes médicaux sans disposer des compétences ni des autorisations nécessaires. Certains établissements recourent, selon elle, à des photographies retouchées et à des techniques de marketing trompeuses pour attirer la clientèle, tandis que les interventions sont parfois réalisées par des personnes dépourvues de qualification médicale.
Ces pratiques peuvent entraîner des complications graves, avertit-elle, notamment des déformations permanentes, des nécroses des tissus ou encore des pertes de substance cutanée après l’injection de produits non conformes. La prise en charge de ces complications peut, souligne-t-elle, coûter plusieurs fois plus cher que l’intervention initiale.
Face à cette situation, le Syndicat des médecins esthétiques indique avoir soumis plusieurs propositions législatives à l’Assemblée des représentants du peuple afin de mieux encadrer le secteur, lutter contre les pratiques illégales et renforcer la protection des consommateurs.
Dr Imen Ben Fraj Ben Amara rappelle enfin que ces recommandations concernent aussi bien les femmes que les hommes. Selon elle, la prévention, le recours à des professionnels qualifiés et la vigilance face aux publicités diffusées sur les réseaux sociaux demeurent les meilleurs moyens de préserver la santé de la peau.