L’existence d’Israël

A l’époque où l’Irgoun, organisation terroriste juive, implantait, sous mandat britannique, l’entité sioniste, lutter contre ce procès colonialiste et empêcher la création d’Israël avait un sens.
Aujourd’hui, rayer la société israélienne de la carte n’a plus de sens.
Pour élucider la mutation de signification, revenons à l’actualité. Au détroit d’Ormuz, les Gardiens de la révolution tirent sur trois destroyers américains. Ils rebroussent chemin. L’Amérique réplique.
Est-ce le retour à la guerre ? Non, déclare Trump, il s’agit d’une « broutille » et elle n’adresse aucun adieu au cessez-le feu. Que signifie cette reculade ?
Est-ce l’indice d’une débandade après le chapelet de fanfaronnades prometteuses de l’escalade ?
Ne plus avoir à ramener l’Iran à l’âge de pierre confère, maintenant, au président farfelu, menaçant, tonitruant et tout puissant, l’air d’un piètre cerbère.
Car au pays de Rombo et de James Bond, on ne se dégonfle pas. Jusqu’ici, la série d’escarmouches ne débouche guère sur une confrontation dépourvue de retenue et à haute intensité.
Quel est donc l’ultime secret de ce ni guerre ni paix ? Outre le régime iranien à changer, le tandem Trump-Netanyahu exige un Iran dépouillé de son programme nucléaire à visée militaire. Or fermer les yeux sur Dimona et les ouvrir sur Natanz dirige l’exploration vers le rivage de l’engrenage.
Celui-ci a partie liée avec l’énonciation de l’expression « menace existentielle ». Pour les dirigeants de l’entité sioniste, la possession de l’arme nucléaire par les Gardiens de la révolution représente « une menace existentielle et voue Israël à la disparition. Ce narratif à la fois virtuel et nimbé d’improbabilité saute, à pieds joints, par-dessus toute crédibilité ».
Détenir la bombe ne veut pas dire s’en servir. Même Israël, entité assez crapuleuse pour larguer ses bombes au phosphore, n’a pas recouru à son arsenal nucléaire. Son vocabulaire afférent à « la menace existentielle » substitue la potentialité infondée à l’historicité avérée.
Comment le dirigeant de la première puissance militaire peut-il débiter un propos d’une telle débilité ? Le brigandage de Trump est au principe de sa guerre engagée contre l’Iran. Dès lors, quand il reproche aux Européens leur manque d’implication, ils répliquent par l’entremise de Macron : “Cette guerre n’est pas la nôtre”. A l’origine de la discorde planétaire et de la terreur étaient Netanyahu et Trump, deux sinistres malfaiteurs. En dépit de leur piraterie, Pékin réarme et approvisionne l’Iran par la voie de la mer caspienne. Le retour à ce détour pointe vers une ample transformation des relations établies entre les nations.
Avec la montée en puissance des Brics, les procédés mis en œuvre par les profiteurs de l’unilatéralité butent sur leurs pratiques devenues anachroniques. Pour cette raison, la résilience iranienne, liée à l’actualité multipolaire, parvient à narguer la superpuissance américaine. Trump exhibe les milliards de dollars investis dans ses forces militaires.
Des fonds colossaux financent la guerre à l’heure où la recherche médicale a tant besoin de moyens aptes à la mise au point de vaccins.
Aujourd’hui, l’hantavirus le dit. Plusieurs auteurs dénoncent pareille inconséquence.
Écrit sur l’idiotie millénaire de la guerre, l’ouvrage de Boris Orloff a pour intitulé Nitchevo et ce titre veut dire, en russe, connerie.
A la page 100 nous lisons : « La guerre est une belle saloperie et les soldats, tous les soldats, sont des cons ! »
Plus loin, à la page 184 Orloff écrit : « Je vais mourir mais ce ne sera pas pour la Partie soviétique ni pour le petit père Joseph Staline ». Aujourd’hui, comme hier, la guerre couve sous les rassurantes mimiques diplomatiques. Liés par de profonds et récirpoques intérêts, XI Jinping et Trump laissent passer au second plan les divergences du moment sur Taïwan, l’Iran et le Moyen-Orient. Gare à l’alliance de ces deux plus grandes puissances.

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