Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a lancé un appel d’offres pour la construction d’une centrale photovoltaïque dans le gouvernorat de Kébili. Désigné sous la référence n° 01-2026, ce projet se distingue par l’intégration d’un système de stockage par batteries, une première à cette échelle dans le pays. La centrale, qui sera implantée dans la zone de Bazma, affichera une capacité de production de 300 mégawatts. Le système de stockage pourra emmagasiner jusqu’à 540 mégawattheures.
L’électricité solaire présente une contrainte technique : elle n’est produite que pendant les heures d’ensoleillement. Les 540 mégawattheures de batteries prévues à Kébili permettront de stocker l’énergie excédentaire pour la restituer en soirée ou lors des pics de consommation. Par conséquent, cette technologie lisse la courbe de production et réduit le recours aux centrales thermiques sollicitées en renfort. Le projet s’inscrit dans le Programme National des Énergies Renouvelables. L’objectif est d’intégrer davantage d’énergies propres dans le mix électrique tunisien tout en garantissant la stabilité du réseau. Qui plus est, le stockage par batteries offre une réactivité quasi instantanée, contrairement aux turbines à gaz qui nécessitent un délai de montée en charge.
Le ministère a réaffirmé sa détermination à accélérer le rythme de réalisation des grands projets dans le secteur des énergies renouvelables. La Tunisie cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures importés et à sécuriser son approvisionnement électrique. Les 300 mégawatts de capacité solaire viendront grossir le parc national, encore en deçà des objectifs fixés. D’autre part, le choix de la zone de Bazma répond à des critères techniques : un ensoleillement élevé et des terrains disponibles pour ce type d’installation.
L’appel d’offres n° 01-2026 est désormais ouvert aux soumissionnaires. Les entreprises intéressées devront proposer une offre complète pour la construction et l’exploitation de la centrale. Ce type de projet, combinant production photovoltaïque et stockage, attire l’attention des investisseurs internationaux spécialisés dans les énergies renouvelables. En plus de cela, il pourrait servir de modèle pour d’autres régions du pays. La réussite de cette installation dépendra de la fiabilité des batteries et de leur intégration au réseau national. Par ailleurs, le coût des technologies de stockage connaît une baisse continue sur les marchés mondiaux, ce qui rend le projet économiquement plus accessible qu’il y a quelques années.
Le calendrier précis de réalisation n’a pas été communiqué. Il faudra attendre la clôture de l’appel d’offres et la désignation du lauréat pour connaître les échéances. En attendant, le projet de Kébili confirme une orientation stratégique : la Tunisie ne veut plus se contenter de produire de l’électricité verte, elle entend aussi la stocker pour mieux la maîtriser. Les 540 mégawattheures de batteries représenteront à terme une réserve mobilisable en quelques secondes, renforçant ainsi la résilience du réseau face aux fluctuations de la demande.