Depuis la Seconde Guerre mondiale et l’«Irgoune», organisation fondatrice d’Israël à l’époque du mandat britannique, les rescapés du racisme nazi envisagent l’édification d’un Etat, moyen susceptible de radier la reproduction de l’holocauste allemand secondé par des Français.
L’ouvrage d’Ana Harendt «Le système totalitaire» chapeaute un pan de l’histoire contemporaine intercalé entre un génocide subi par les ancêtres des actuels Israéliens et le génocide infligé aux Palestiniens.
Ce contexte contribue à élucider le texte. En effet, cet arrière-plan sous-tend l’ascension des sionistes montés à l’assaut d’États européens et du pouvoir américain. Le 24 juillet, Marc Rubio s’inscrit en faux contre la déclaration de Macron afférente à la reconnaissance d’un État palestinien. Pour Netanyahu, c’est là une prime accordée au terrorisme. Comme son nom et sa fonction l’indiquent, Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur figure parmi les participants à l’ascension vers le sommet de l’État français amorcée dès l’aval des camps de concentration. Il s’en prend à Macron et déclare : «Le macronisme n’est ni une idéologie ni un parti, c’est une personne». La tension monte et le président annule une rencontre prévue entre lui et Retailleau à propos de l’Algérie. De son combat livré à Macron, Retailleau soutire sa dérive sur la rive d’où il perçoit l’Algérie avec l’œil, sournois, de Tel-Aviv. Le 18 juillet, il proclamait : «Avec l’Algérie, la diplomatie des bons sentiments a échoué». Mieux vaut, alors, sévir avec ce pays hostile au projet du «grand Israël».
La reconnaissance d’un Etat palestinien catapulte une ogive dans l’œil de Bruno Retailleau et de Tel Aviv. La résistance palestinienne, encore apte à disposer d’otages, excède l’outrecuidance israélienne autoproclamée invincible et capable de pulvériser toute adversité.
Sartre écrivait : «Il n’y a que les salauds qui croient gagner» sans autre possibilité.
Le blocus de Gaza, le nettoyage ethnique et les ravages de la famine alimentent alors l’impératif catégorique inculqué aux catégories de pensée charriées par les envahisseurs et usurpateurs surarmés.
Le fiel d’Israël exhale un relent nauséabond, paradoxal, une fois soulevé l’écran dressé entre la force, d’une part, et le droit, d’autre part. Ce passage à l’état sauvage accorde aux Palestiniens le choix entre plier bagage et mourir de faim. Pour Netanyahu, la notion d’un État palestinien engage le cheval de Troie sur le territoire israélien.
Tout comme si le peuple palestinien n’existait pas. Telle apparaît la volonté israélienne à la fois hautaine, sadique, cynique, ethniciste, malsaine et, au plus haut point, inhumaine.
Semblable disposition cannibale clignote vers une marotte.
Pour Mustapha Safouan, le partisan le plus proche de Lacan, «l’essence de la tentation chez l’homme est l’exploitation de son semblable». Tout comme Hobbes, Marx ou Nietzsche, Sartre brode autour de l’apport psychanalytique central et fondamental : «Le regard de l’autre, c’est ma mort». Pour Max Stirner, aussi, «les rapports entre les moi sont des rapports d’intérêt, de capture et de force. Tout est, pour moi, objet, y compris autrui, tout est assignable à mon intérêt. Le moi est égoïste, non par déviation ou accident, mais par nature».
Cependant, réduire l’homme à la nature inscrit par pertes et profits la culture et pareille inscription élimine l’optique éthique.
«L’humanité n’est pas encore sortie de la longue préhistoire», dira Wanda Bannour à travers son commentaire de Max Stirner.
Par l’expulsion des Palestiniens, l’antique peuple errant programme la production d’un autre peuple errant, au moment où Trump et Netanyahu, les hyper-voyous apparentés à Dracula, ruminent l’édification d’une Riviera sur l’endroit où, assassinés par les deux vampires, tant d’enfants perdirent leur sang.
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